Malgré l’opposition des personnels et des organisations syndicales qui représentent l’écrasante majorité des enseignants de l’enseignement secondaire, le ministre de l’Education Nationale a pris la lourde responsabilité de publier au Journal officiel de ce 28 janvier les quatre textes qui renforcent l’autonomie des établissements et définissent les nouvelles grilles horaires des classes de seconde, première et terminale des lycées d’enseignement général.
Le décret sur l’autonomie renforcée des établissements qui concerne tant les collèges, les lycées que les lycées professionnels conduit au désengagement de la responsabilité de l’Etat en matière d’organisation de l’enseignement et, pour les personnels à un éclatement de leur statut de fonctionnaire d’Etat.
La création d’un conseil pédagogique, sous tutelle du conseil d’administration, chargé d’octroyer aux enseignants et aux disciplines près d’un tiers de la dotation horaire, les place ainsi en concurrence. Il aurait aussi vocation à multiplier les « expérimentations » dérogatoires à ce qui reste des règles et des programmes nationaux. Le maintien du baccalauréat comme diplôme national est menacé, la réforme devant s’appliquer en terminale à la rentrée 2012.
Alors que la situation ne cesse de s’aggraver dans les établissements en raison des réformes successives et des suppressions de postes, la réponse de l’Etat serait désormais : « débrouillez-vous, faites des projets ! »
La réforme des grilles horaires de la seconde à la terminale diminue les horaires d’enseignements disciplinaires, les dénature avec la mise en place d’enseignements dits d’exploration qui sont autant de bricolages superficiels, institue un accompagnement dit « personnalisé » fourre-tout sensé résoudre tous les maux dans des classes de 35 élèves. Provocation supplémentaire les nouveaux programmes sont déjà pour certains en ligne.
Autant de mesures inacceptables !
L’ensemble de cette réforme s’inscrit dans le cadre de la RGPP et de ses suppressions massives de postes, dont elle constitue une des 374 mesures.
C’est encore confirmé par les annonces concernant les dotations horaires dans les établissements. Les restrictions concernent notamment les collèges qui devraient faire face à la rentrée 2010 à une augmentation du nombre d’élèves avec moins d’enseignants et d’heures de cours !
Elle s’inscrit dans le cadre d’une politique gouvernementale qui dès cette réforme bouclée entend s’attaquer au droit à la retraite des personnels et en particulier au code des pensions civiles et au calcul de la pension sur la base du traitement des 6 derniers mois.
Les revendications doivent être claires et les moyens d’action proposés à la hauteur des enjeux.
L’immense majorité des personnels est opposée à cette réforme du lycée et des EPLE : c’est bien l’abrogation de cette réforme qu’il convient d’exiger.
Le SNFOLC, avec la FNEC FP et la Confédération Force Ouvrière estime que les journées d’action à répétition et autres d’actions diversifiées, comme celles qui sont organisées depuis des mois ne peuvent permettre d’aboutir. A l’inverse elles démobilisent et démoralisent.
Le SNFOLC s’adresse dans ce cadre à toutes les organisations syndicales pour leur proposer une rencontre de toute urgence et qu’elles exigent ensemble d’être reçues sans délai par le ministre.
Si le ministre maintient ses décrets, le SNFOLC estime que la grève unie pour le retrait, jusqu’au retrait de la réforme est à l’ordre du jour et doit être mise en discussion des personnels par les organisations syndicales.
Il propose aux personnels de se réunir partout en AG dans les établissements pour prendre position, exiger l’abrogation de cette réforme, adopter le cahier de revendications, et discuter des moyens d’aboutir.
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